Noël à la bougie

Après le flop de la gestion des migrants du bateau Ocean Viking, le gouvernement Borne nous prépare non pas à un “retour vers le futur” mais à un retour dans le passé. La gestion du parc nucléaire civil français est tellement bien menée, que différents facteurs consécutifs en temps et se combinant, mettent en faillite notre souveraineté énergétique, qui, selon les dires de Madame Marlène SCHIAPPA, fait l’objet des efforts de notre Président, M. Macron et vont nous contraindre à nous éclairer à la bougie et à nous chauffer, pour les chanceux qui possèdent une cheminée, au feu de bois.

Le premier facteur est d’ordre politique et administratif. Il est à relever que notre système voulu par le général De Gaulle nous assurait une certaine indépendance énergétique à un prix accessible par tous les Français. Ce fleuron énergétique populaire n’a pas plu aux écologistes et peu d’entre eux se souciaient de son accessibilité aux plus démunis. Copiant leurs collègues Allemands, les “Verts” obtinrent, grâce à des recettes électorales, la promesse de l’arrêt et du démantèlement à plus ou moins moyen terme des centrales nucléaires françaises.

A compter de ce moment-là, la filière nucléaire se voyant sans avenir, ne chercha plus à investir dans les ressources, qu’elles soient humaines (formation) ou matérielles (maintenance) et nos jeunes ingénieurs, soudeurs et  techniciens hautement spécialisés dans un savoir-faire rare, s’expatrièrent petit à petit, laissant une garde vieillissante accompagner ces dames condamnées, auxquelles nous devons malgré tout une certaine maintenance technique, maintenance qui implique un arrêt d’exploitation.

Actuellement, sur 58 réacteurs répartis sur 19 sites, une bonne vingtaine sont arrêtés pour travaux de maintenance. On peut s’interroger de savoir pourquoi les maintenances qui peuvent être programmées n’ont pas été plus étalées dans le temps. Quelques-uns (deux ?) sont à l’arrêt  pour problème inattendu tel que les “fissures” ou “corrosions sous contraintes”. 

 

Le second facteur est d’ordre économique, sur deux plans : mondial et européen.

1 Les “Verts” n’étaient pas les seuls à vouloir la peau de notre indépendance énergétique. Il faut savoir que dans notre monde, nous sommes soit des dominants, soit des dominés. C’est la loi, et le droit, même et surtout international, n’y changera rien. Il est des pays qui ne rapportent pas assez. Des pays qui sont auto-suffisants et qui donc ne participent pas aux échanges et flux énergétiques, financiers et monétaires internationaux. Ces mauvais joueurs doivent comme les autres pays rentrer en concurrence et payer pour que d’autres pays s’enrichissent. Je vous parlais du dominant et du dominé : le dominant c’est bien évidemment le pays fort, qui n’a pas besoin d’acheter son énergie, il est auto-suffisant en tout, économiquement, militairement, culturellement, financièrement. Il bénéficie du leadership et s’il décide quelque chose, rien ne l’arrête. Il agit pour ses seuls intérêts. Les intérêts du dominant, de la puissance hégémonique,  c’est de vendre et de vendre cher ce qu’il a à vendre. Qu’un pays ne lui achète rien et il fera en sorte d’aspirer les forces vitales de ce pays. Une fois à terre le pays affaibli ne pourra qu’accepter le deal du dominant pour se relever. Mais attention ! Le pays dominé doit pouvoir payer, c’est à dire qu’il doit être en capacité de payer en s’assurant le prélèvement de l’impôt. Un pays exsangue, sans capacité de paiement, n’est pas une cible.  La France conserve sa capacité à “lever” l’impôt, elle a un actif important qui peut servir de garantie au paiement.  Elle est, de fait, en train de glisser car la crise énergétique que nous traversons actuellement nous affaiblit substantiellement. Le “quoi qu’il en coûte” de la gestion de l’épidémie de covid-19 a cramé la caisse de l’état et a endetté les Français pour de nombreuses années, ce qui a pour conséquence l’affaiblissement des capacités d’emprunt de l’état français sur les marchés financiers. Si aujourd’hui la France devait faire face à une seconde pandémie mondiale, faire un effort très conséquent en matière d’armement ou répondre à une agression militaire, si elle devait emprunter plusieurs centaines de milliards pour faire face, le pourrait-elle encore ?

2 Le second volet du facteur économique est notre adhésion ou soumission aux règles de l’Union Européenne. La France doit se déshabiller et donner ses vêtements aux autres. Soit, déshabillons-la ! Mais quid de ce principe pour certains pays de l’UE, tel l’Allemagne qui commande des avions militaires aux US ? Mais ce n’est pas le même domaine.

Le troisième facteur est le conflit entre les Russes et les Ukrainiens.

Imaginons un instant que ce conflit ait débuté avant la transition énergétique de notre pays et avant la mise en application de cette absurde règle européenne. Certes, l’UE aurait bloqué les ventes de gaz, puis de pétrole provenant de Russie. Notre pays France en aurait-il été impacté ? Bien sûr que non ! De plus nous aurions vendu de l’électricité peu chère à notre voisin allemand.

Ce conflit, voulu et planifié grâce aux accords de Minsk II et à leur non application, est le troisième facteur concomitant  qui permet l’ effet voulu dont les conséquences sont un affaiblissement économique sans précédent de notre pays. Les crises sociales (réforme des retraites, transports, inflation, immigration)  qui découleront de cette situation vont finir par achever le système national et le mettre à l’os.

Réalisant tardivement la fin de l’indépendance énergétique de la France, le président Macron a lancé en fin d’année 2021 un programme de construction de mini-centrales pour pallier les manques. Un peu trop tard à mon avis. Nous n’en avons pratiquement plus le savoir-faire et nous n’en aurons plus les moyens dans peu de temps (l’endettement de la France est énorme).

La start-up nation qui s’éclaire à la bougie.

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