Ca va s’aggraver et s’accélérer !

Il y a des moments dans la vie où il faut prendre du recul pour voir enfin le réel et non ce que le système veut nous faire voir. Le temps du Carême est un de ces moments. Un moment d’observation du monde, de réflexion sur notre vie.

L’âge, un certain âge, permet ce recul ; la réflexion et l’observation sont guidées par l’expérience de la vie. Le constat de ce que je vois est alarmant : les valeurs de bien commun, de gestion en bon père de famille, de bienveillance, de patriotisme et de fraternité même sont galvaudées, moquées dans la jeunesse d’aujourd’hui. Cependant, je remarque que deux jeunesses co-existent.

Il y a dans un premier temps la jeunesse issue de familles résistantes aux courants progressistes. Ces jeunes y reçoivent une éducation portée par l’esprit de discernement. La réflexion souvent amenée par la lecture de divers genres littéraires y est caractéristique. Leurs parents appartiennent à une catégorie socio-professionnelle moyenne ou élevée- un des parents ou les deux sont cadres, alors même que leurs grands-parents étaient employés ou ouvriers. Ils ont trois enfants ou plus, habitent en maison individuelle, partent en vacances dans l’hexagone ou à l’étranger et louent des Airbnb. Ils peuvent être Français dits “de souche” ou devenus Français par naturalisation.  Ils ne connaissent pas les quartiers populaires, n’ont jamais manifesté et ne suivent ni les actualités nationales ni internationales. Généralement ils votent toujours pour le même parti politique qui enjoint leurs intérêts économiques et leur identité de vie. Les enfants sont scolarisés dans le privé ou dans le public de bon niveau. Ils peuvent être inscrits en centre aéré durant les vacances mais ne sont jamais partis en colonie. Ils font des voyages culturels et linguistiques à l’étranger. Ils sont souvent musiciens et sportifs. Ils passent leur baccalauréat facilement et se dirigent vers des études universitaires.

Puis il y a une jeunesse qui va devoir travailler l’été pour payer le permis de conduire ou profiter des sorties avec les potes, qui s’est inscrit à la fac après une scolarité aux forceps parce qu’il faut bien faire quelque chose et qui en “scred” souhaite trouver vite fait un job alimentaire en attendant mieux. Une jeunesse qui a du mal avec sa propre identité, son propre genre. Une jeunesse éduquée selon les modèles pédagogiques de son temps, libre et enfant roi. Une jeunesse qui adoube le dernier qui a parlé, qui ne comprend rien à la politique et qui la plupart du temps fait confiance aux partis dits “progressistes” parce que tu comprends “ils sont plus humains”. Une jeunesse qui ne comprend pas ce qu’est le libre arbitre ni l’esprit de discernement, qui se fiche de ses racines, qui pense que le patriotisme est facho et que nationaliste est une gros mot. Une jeunesse qui part en vacances dans la famille ou en tente, mais qui économise pour quelques road trips dans les pays en voie de développement. Cette jeunesse vient de familles décomplexées libérées des contraintes sociales qui savent rebondir face aux aléas de la vie. Elles peuvent être composées, recomposées ou monoparentales et leur caractéristique propre est cette adaptation aux contraintes et aléas économiques. Cette jeunesse coche parfois toutes les difficultés. Difficultés sociales, économiques, de genre, d’identité, de religiosité, scolaires, relationnelles, et la je me rends compte que le mot difficulté n’est pas le plus approprié : il s’agirait plus de différences et moins de difficultés : différence sociale, différence économique, différence de genre, différence d’identité, différence de religiosité, différence scolaire… C’est parce que cette jeunesse est différente qu’elle est dans la difficulté. Au plus tu es différent au plus c’est difficile. Mais qu’est-ce qui rend différent ? Et différent de qui ? différent de quoi ?

 

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