Rome à la carte.

Le matin, je lis volontiers les textes liturgiques catholiques du jour.

Peu à peu, je me suis rendue compte que le texte du psaume tel que défini par “Rome” ne me convient plus. Entendez bien ! C’est dans sa forme qu’il ne me convient plus car tronqué, taillé, estropié, amputé … bref vidé de sa substance.

De mon point de vue, bien entendu.

Le psaume est devenu le texte à la carte …

Je vous montre : le texte de gauche est le texte liturgique du vendredi 4 février 2022 qui a été lu et proclamé devant les assemblées de fidèles. Le texte de droite est le texte dans sa totalité.  J’ai “colorisé” les versets et je porte votre attention sur le fait que le verset 32 est placé … est placé. Mais pas à sa place.

 

Psaume 17 (18), 31.33a, 47.50, 32a.51

Notre Dieu a des chemins sans reproche,
la parole du Seigneur est sans alliage,
il est un bouclier pour qui s’abrite en lui.
C’est le Dieu qui m’emplit de vaillance.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire.
Aussi, je te rendrai grâce parmi les peuples,
Seigneur, je fêterai ton nom.

Qui est Dieu, hormis le Seigneur ?
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie,

à David et sa descendance, pour toujours.

Psaume 18

 Du maître de chant. Du serviteur de Yahvé, David, qui adressa à Yahvé les paroles de ce cantique, quand Yahvé l’eut délivré de tous ses ennemis et de la main de Saül. Il dit
 Je t’aime, Yahvé, ma force mon sauveur, tu m’as sauvé de la violence .
 Yahvé est mon roc et ma forteresse, mon libérateur, c’est mon Dieu. Je m’abrite en lui, mon rocher, mon bouclier et ma force de salut, ma citadelle et mon refuge.
 J’invoque Yahvé, digne de louange et je suis sauvé de mes ennemis.
 Les flots de la Mort m’enveloppaient, les torrents de Bélial m’épouvantaient;
 les filets du Shéol me cernaient, les pièges de la Mort m’attendaient.
 Dans mon angoisse j’invoquai Yahvé, vers mon Dieu je lançai mon cri; il entendit de son temple ma voix et mon cri parvint à ses oreilles.
 Et la terre s’ébranla et chancela, les assises des montagnes frémirent, sous sa colère elles furent ébranlées ;
 une fumée monta à ses narines et de sa bouche un feu dévorait des braises s’y enflammèrent .
10  Il inclina les cieux et descendit, une sombre nuée sous ses pieds;
11  il chevaucha un chérubin et vola, il plana sur les ailes du vent.
12  Il fit des ténèbres son voile, sa tente, ténèbre d’eau, nuée sur nuée;
13  un éclat devant lui enflammait grêle et braises de feu.
14  Yahvé tonna des cieux, le Très-Haut donna de la voix;
15  il décocha ses flèches et les dispersa, il lança les éclairs et les chassa.
16  Et le lit de la mer apparut, les assises du monde se découvrirent, au grondement de ta menace, Yahvé, au vent du souffle de tes narines.
17  Il envoie d’en haut et me prend, il me retire des grandes eaux,
18  il me délivre d’un puissant ennemi, d’adversaires plus forts que moi.
19  Ils m’attendaient au jour de mon malheur, mais Yahvé fut pour moi un appui;
20  il m’a dégagé, mis au large, il m’a sauvé, car il m’aime.
21  Yahvé me rend selon ma justice, selon la pureté de mes mains me rétribue,
22  car j’ai gardé les voies de Yahvé sans faillir loin de mon Dieu.
23  Ses jugements sont tous devant moi, ses décrets, je ne les ai pas écartés,
24  mais je suis irréprochable avec lui, je me garde contre le péché.
25  Et Yahvé me rétribue selon ma justice, ma pureté qu’il voit de ses yeux.
26  Tu es fidèle avec le fidèle, sans reproche avec l’irréprochable,
27  pur avec qui est pur mais rusant avec le fourbe,
28  toi qui sauves le peuple des humbles, et rabaisses les yeux hautains.
29  C’est toi, Yahvé, ma lampe, mon Dieu éclaire ma ténèbre;
30  avec toi je force l’enceinte, avec mon Dieu je saute la muraille.
31  Dieu, sa voie est sans reproche et la parole de Yahvé sans alliage. Il est, lui, le bouclier de quiconque s’abrite en lui.
32  Qui donc est Dieu, hors Yahvé? Qui est Rocher, sinon notre Dieu?
33  Ce Dieu qui me ceint de force et rend ma voie irréprochable,
34  qui égale mes pieds à ceux des biches et me tient debout sur les hauteurs,
35  qui instruit mes mains au combat, mes bras à bander l’arc d’airain.
36  Tu me donnes ton bouclier de salut ta droite me soutient , tu ne cesses de m’exaucer,
37  tu élargis mes pas sous moi et mes chevilles n’ont point fléchi.
38  Je poursuis mes ennemis et les atteins, je ne reviens pas qu’ils ne soient achevés;
39  je les frappe, ils ne peuvent se relever, ils tombent, ils sont sous mes pieds.
40  Tu m’as ceint de force pour le combat, tu fais ployer sous moi mes agresseurs;
41  mes ennemis, tu me fais voir leur dos, ceux qui me haïssent, je les extermine.
42  Ils crient, et pas de sauveur, vers Yahvé, mais pas de réponse;
43  je les broie comme poussière au vent, je les foule comme la boue des ruelles.
44  Tu me délivres des querelles de mon peuple, tu me mets à la tête des nations; le peuple que j’ignorais m’est asservi,
45  les fils d’étrangers me font leur cour, ils sont tout oreille et m’obéissent;
46  les fils d’étrangers faiblissent, ils quittent en tremblant leurs réduits.
47  Vive Yahvé, et béni soit mon rocher, exalté, le Dieu de mon salut,
48  le Dieu qui me donne les vengeances et prosterne les peuples sous moi!
49  Me délivrant d’ennemis furieux, tu m’exaltes par-dessus mes agresseurs, tu me libères de l’homme de violence.
50  Aussi je te louerai, Yahvé, chez les païens, et je veux jouer pour ton nom
51  “Il multiplie pour son roi les délivrances et montre de l’amour pour son oint, pour David et sa descendance à jamais.”

 

Autre exemple : le texte du dimanche 6 février dans lequel on constate que le verset 6 n’est pas inclus (texte de gauche).

 

Psaume  137 (138), 1-2a, 2bc-3, 4-5, 7c-8

Je te chante, Seigneur, en présence des anges.

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu’elle est grande, la gloire du Seigneur ! »

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

Psaume 138

 De David. Je te rends grâce, Yahvé, de tout mon cœur, tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges,
 je me prosterne vers ton temple sacré. Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité; ta promesse a même surpassé ton renom.
 Le jour où j’ai crié, tu m’exauças, tu as accru la force en mon âme.
 Tous les rois de la terre te rendent grâce, Yahvé, car ils entendent les promesses de ta bouche;
 ils célèbrent les voies de Yahvé “Grande est la gloire de Yahvé!
 Sublime, Yahvé! et il voit les humbles et de loin connaît les superbes.”
 Si je marche au milieu des angoisses, tu me fais vivre, à la fureur de mes ennemis; tu étends la main et ta droite me sauve.
 Yahvé aura tout fait pour moi; Yahvé, éternel est ton amour, ne délaisse pas l’œuvre de tes mains.

 

Mais pourquoi ? Dans ce dernier psaume, la proclamation des rois est coupée en deux ;  la seconde partie est éliminée, oubliée. Voir les humbles et connaître les superbes ne sont-ce pas des prérogatives divines ? Qui sommes-nous pour oblitérer la parole de Dieu ? Un psaume n’est-il pas un écrit important de notre patrimoine liturgique ?

Cette pseudo-censure n’a pas lieu d’être. Le psaume est parole de Dieu et doit être respecté autant dans sa forme que dans son esprit.

Aussi, je me pose la question de savoir si la censure pourrait parvenir un jour aux textes de nos Évangiles …

Veillons.

 

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